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Épisode 8 – L’obéissance, la solution à tous nos problèmes ?

12 Oct 2023 | Podcast | 0 commentaires

Bonjour et bienvenue dans l’épisode 8 du podcast Animale Thérapie, le podcast de vulgarisation du comportement animal.

Dans cet épisode, nous allons parler de l’obéissance et de « Est-ce réellement ce qui permet de résoudre tous nos problèmes avec nos animaux ? ». Parce qu’on a absolument tous eu notre petit chiot ou notre petit chien à la maison et qu’on s’est immédiatement dit « OK, là, il est à la maison, mais il faut absolument que je lui apprenne les ordres de base pour qu’il puisse cohabiter avec nous, avec nos enfants en toute sécurité, sans qu’il n’y ait de problème ou d’agressivité, que nos enfants puissent aussi le sortir en balade si on en a besoin, que si moi je sors en balade ou n’importe où, il soit OK avec le fait de s’arrêter, par exemple, en terrasse pour boire un café ou qu’importe la situation dans laquelle on va se retrouver, mais en tout cas, il faut absolument que notre chien soit capable de gérer ces situations. Notre premier réflexe, ça va être de se dire « Il faut que je lui apprenne à s’arrêter sur ordre, à s’asseoir sur ordre, à se coucher sur demande.

Le premier réflexe, qui n’est donc pas mauvais en soi, c’est de contacter l’école du chiot la plus proche que vous avez et d’emmener votre chiot pour lui apprendre les tours de base et le socialiser un maximum aux autres chiens. C’est souvent très bien et ça permet de répondre à certains besoins du chien, tout simplement par exemple de la dépense mentale, de l’exploration, de lui apprendre des choses, faire fonctionner ses capacités cognitives, découvrir d’autres chiens, voir d’autres humains, commencer à se familiariser avec des situations légèrement différentes de celles qu’on pourrait rencontrer à la maison. Il y a énormément d’avantages à aller en école du chiot. Mais il y a des personnes qui, malgré tout l’investissement qu’elles ont mis, malgré tout le temps qu’elles ont passé en école du chiot à faire exactement ce qu’on leur a demandé pour elles et pour leurs chiens, se rendent compte que les comportements problématiques auxquels elles sont confrontées, que ce soit à la maison ou en balade ou n’importe où ailleurs, continuent. Tout se passe comme si tout l’investissement que vous mettiez dans ce contexte-là ne suffisait pas à régler les problèmes.

Est-ce que le problème, finalement, il viendrait de vous ? Il viendrait de l’école du chiot ou en tout cas de ce que vous faites comme activité à l’école du chiot ou est-ce que ça ne viendrait pas du chiot en lui-même ? Parce qu’il est têtu, parce qu’il fait les mauvais comportements, etc. Concernant le fait d’être têtu ou toutes les étiquettes qu’on pourrait poser sur la tête d’un animal, je vous renvoi à un épisode de podcast, l’épisode 2 que j’ai fait sur les étiquettes et toutes les croyances qu’elles véhiculent et tout ce que ça peut avoir aussi comme conséquences dans notre vie au quotidien avec nos animaux. Je ne le traiterai pas dans cet épisode, tout simplement parce que je l’ai déjà traité. Maintenant, par rapport à tout ce qu’on a évoqué là, et avant de dire que c’est la faute de l’un ou de l’autre parce que ce n’est pas pertinent, j’aimerais qu’on s’intéresse dans un premier temps à pourquoi est-ce que le comportement est émis par l’animal ? Qu’est-ce qui fait que le mauvais comportement, ou plutôt le comportement indésirable, puisqu’il n’y a pas de comportements qui sont bons ou mauvais, c’est un jugement de valeur par rapport à nos attentes, mais qu’est-ce qui fait qu’un comportement apparaît et s’entretient dans le temps ?

Déjà, rien qu’en se posant cette question-là, on commence à s’intéresser à l’animal et aux conditions qui ont fait que les comportements indésirables sont apparus. Et ça, c’est absolument indispensable parce qu’un comportement n’est jamais aberrant. Il n’existe jamais pour rien et il n’existe certainement pas pour nous embêter, pour se venger de nous en tant qu’humains ou pour le plaisir de simplement faire quelque chose de bête et méchant de la part du chien ou de n’importe quel autre animal d’ailleurs. Le comportement existe parce qu’il y a des conditions environnementales qui sont favorables à son expression. Les conditions environnementales, ça peut être dans l’environnement externe, ce que l’animal, par exemple, va rencontrer, va voir, va toucher, va sentir, va écouter ou dans l’environnement interne, par rapport, par exemple, à des phases hormonales ou à des périodes de sa vie ou par rapport à des émotions qu’il va ressentir. En fait, si vous voulez, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que finalement, le comportement, c’est un peu le symptôme de toutes les expériences que va faire l’animal. C’est la partie visible de l’iceberg. Finalement, quand on commence à s’intéresser au comportement et au pourquoi il existe et au pourquoi il s’entretient, alors on commence à essayer de réellement comprendre son animal et pourquoi un comportement existe.

Je vais vous donner un exemple assez simple. On pourrait tout à fait avoir un chien qui tire en laisse. Ça, c’est un mauvais comportement ou un comportement indésirable qui, nous, nous pose problème et qui peut, en plus de ça, être problématique pour le chien aussi, parce qu’il peut se faire mal, parce que ce n’est agréable pour personne de se faire tracter en balade. Donc, on pourrait avoir un comportement indésirable de tirage en laisse. Notre premier réflexe, c’est d’y répondre par de l’obéissance. On veut que le chien s’arrête. Donc, qu’est-ce qu’on va faire ? On va tirer en arrière, on va s’arrêter, on va se tourner dans la balade, par exemple. On va essayer de faire des choses pour faire en sorte que le comportement s’arrête. Et finalement, dans la plupart des cas, on ne s’intéresse pas au pourquoi le comportement existe à la base. Pourquoi est-ce que ce chien va choisir de tirer en laisse alors que ce n’est même pas favorable forcément pour lui non plus, puisque lui aussi, il se fait mal et il n’est pas plus bête qu’un autre. Lui aussi, il se fait mal, mais il y a peut-être des motivations qui sont plus importantes que la douleur qu’il pourrait ressentir ou la gêne que pourrait occasionner le fait de tirer en laisse. Donc, il n’est pas plus bête qu’un autre. Il ne faut pas les prendre pour des imbéciles. Je peux vous assurer que s’il fait ça, c’est qu’il y a une raison.

Alors pourquoi ? On pourrait avoir des tonnes de raisons. On pourrait très bien avoir un chien qui a envie d’émettre un comportement de prédation, qui a une séquence de prédation qui est très importante et on l’amène à un endroit où il y a des stimuli qui sont favorables à l’expression de ce comportement. Peut-être qu’il y a des odeurs particulières, peut-être qu’il a vu un lapin au loin. Bref, peut-être qu’il y a quelque chose qui a déclenché les comportements de prédation et donc il va se mettre à tirer en laisse. Et ce n’est pas pour nous embêter, ce n’est pas pour nous faire mal aux bras, ce n’est pas exprès. C’est tout simplement parce que là, la séquence de prédation est plus forte, elle est plus motivante que le fait de rester tout simplement proche de vous.

On pourrait avoir un chien qui tire en laisse parce qu’il a eu peur d’un bruit et qu’il cherche à s’enfuir et que sa peur, cette émotion de peur, est beaucoup plus importante que simplement rester à côté de vous. On pourrait avoir un chien qui veut tout simplement aller sentir une odeur ou aller jouer avec des copains. La motivation pour réaliser ces comportements-là est également plus importante puisque ce sont des événements qui sont très motivants, qui sont très courts aussi dans la journée de l’individu par rapport à toutes les fois où il va être à côté de vous dans la journée. Finalement, le fait d’aller jouer avec des copains, c’est plus rare, donc ça a peut-être plus de valeur. Peut-être que c’est plus motivant. Ou on pourrait tout à fait aussi avoir un chien qui tire en laisse parce qu’il est réactif aux voitures, par exemple. Dès qu’il y a une voiture, il va se mettre à tirer comme un fou, soit en direction de la voiture, soit en direction opposée, en fonction de ses comportements, peu importe, mais en tout cas, ce qu’on observe, c’est qu’un même comportement, donc tirer en laisse, peut avoir plein de raisons différentes.

Et on ne réglera absolument pas le même comportement de la même façon si c’est, par exemple, pour gérer une prédation, si c’est pour une réactivité, si c’est parce qu’il a eu peur d’un bruit ou si c’est parce qu’il veut tout simplement aller jouer avec des copains. Cette question du pourquoi est super importante et la plupart du temps, elle n’est pas posée. C’est ça qui est problématique avec l’obéissance à l’aveugle. C’est qu’on veut une obéissance absolue de l’animal sans s’intéresser au pourquoi est-ce qu’il émet ce comportement-là. Le problème, c’est que la plupart du temps, sans résoudre le pourquoi, sans s’intéresser aux motivations de l’animal, on risque tout simplement de rentrer en conflit avec l’animal parce qu’on veut lui donner un ordre. On a envie d’arrêter aveuglément le comportement sans s’intéresser à l’animal et à ses motivations. Le risque, c’est qu’il continue toujours autant d’avoir les mêmes motivations qu’avant. Peut-être qu’il aura toujours aussi peur. Peut-être qu’il aura toujours autant envie de prédater. Peut-être qu’il y aura des tonnes et des tonnes de raisons qui n’auront pas été adressées. Et donc la problématique, c’est qu’on risque de rentrer en conflit avec notre chien.

Que se passe-t-il si l’animal n’obéit pas lorsqu’on lui demande ? La plupart du temps, on va vouloir punir le comportement qui apparaît à la place de l’ordre demandé. Par exemple, si on a notre chien qui tire en laisse, on lui demande un « attends » ou un « au pied », mais là, s’il ne le fait pas et qu’il continue à tirer en laisse et qu’il tire même encore plus qu’avant, qu’est-ce qui va se passer ? On va tirer en arrière, on va s’énerver, on va lui dire non, on va rentrer en conflit avec notre chien. Et c’est agréable pour personne, ni pour lui ni pour nous d’ailleurs. Qu’est-ce qu’on va faire si, par exemple, notre chien nous saute dessus ? On va lui demander un « assis ». Et s’il ne le fait pas, qu’est- ce qu’on va faire ? On va peut-être s’énerver. On va essayer de l’intimider pour faire en sorte qu’il arrête, on va essayer de l’ignorer. On remarque que la plupart du temps, dans ce genre de cas-là, quand on ignore le chien, ça ne fonctionne pas non plus parce qu’en fait, on ne répond toujours pas au pourquoi le comportement existe. Peut-être que là, notre chien faisait de l’anxiété de séparation et que nous voir rentrer dans la maison, pour lui, ça déclenche des émotions qui sont extrêmement intenses et que nous sauter dessus n’est finalement que le produit, que la conséquence logique, que le symptôme de cette émotion qui a été ressentie. Et effectivement, à ce moment-là, lui demander un « assis », ce sera pas très compliqué parce qu’en fait, on n’a pas résolu le problème de base. Et le problème de base, c’est les émotions qu’il a ressenties pendant notre absence. Et donc, si on voulait, par exemple, dans ce genre de cas, dresser le fait qu’il nous saute dessus pour faire en sorte que ça s’arrête, pour une raison ou pour une autre, parce qu’on peut avoir des enfants, on peut avoir un très gros chien qui fait 40, 50 kilos et que ce soit dangereux pour eux ou des personnes âgées également, pour qui c’est dangereux parce qu’ils risquent de tomber, de se faire mal.

On veut absolument gérer ce comportement-là, pour la sécurité de tout le monde. Si on veut simplement s’intéresser à travailler le « assis » de façon aveugle et qu’on ne s’intéresse pas à l’émotion qui a été ressentie en amont, ou pourquoi, finalement, le chien a émis ce comportement-là, le risque, c’est que ce travail purement éducatif d’obéissance, il risque de ne absolument pas fonctionner. Comme ça risque de ne pas fonctionner, on risque d’arriver petit à petit à de plus en plus de conflits avec l’animal et nous aussi, augmenter la valeur de notre réponse vis-à-vis du chien. Comme le chien continue le comportement, nous, on va continuer à insister en utilisant les mêmes méthodologies. Et si, par exemple, demander au chien de s’asseoir, même en lui donnant une friandise, ça ne suffit pas parce que là, il y a d’autres choses qui sont en jeu, peut-être que du coup, on va commencer à punir, à intimider. Par exemple, ça pourrait être la même chose avec un chien qui aboie quand des gens passent devant la maison. On va lui demander de se taire, mais si jamais le chien ne se tait pas, on va rentrer en conflit avec le chien. On va user d’intimidation, voire parfois on va en arriver aux mains pour faire en sorte que l’animal s’arrête. Dans le pire des cas, on va utiliser des colliers électriques pour faire en sorte que l’animal arrête le comportement. Et là, on en arrive à de la punition. La punition qui est l’arrêt ou la baisse de la fréquence d’apparition d’un comportement. Le but, en punissant un comportement, c’est de faire en sorte que le comportement s’arrête ou s’éteigne. Et nous, c’est tout ce qu’on ne veut pas faire en comportement. On ne veut pas faire en sorte de supprimer des comportements. Les comportements, ce qu’il ne faut jamais, jamais, jamais oublier, vraiment, mettez-vous ça dans un coin de votre tête, c’est qu’un comportement, c’est une forme de communication. Le comportement, c’est un symptôme et on ne veut pas arrêter un symptôme. On veut le prendre en compte et on veut maintenant chercher et explorer les pistes du pourquoi ce comportement-là existe. Pourquoi il y a un symptôme ? Et on va jouer au détective. Ok, donc maintenant qu’il y a ça, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi mon chien, il le fait ? Pourquoi est-ce que mon perroquet, il cri sans arrêt ? Est-ce que si je lui dis non, si je lui jette des choses sur la cage, ça va changer quelque chose ? Est-ce qu’il va avoir peur à chaque fois qu’il va crier ? Peut-être. Peut-être que ça va baisser la fréquence d’apparition du comportement “crier”.

Oui, mais. Si jamais il criait parce qu’il se sentait très mal, s’il criait pour plein de raisons parce qu’encore une fois, crier, ça peut être comme aboyer chez le chien. Il peut y avoir plein de raisons au pourquoi le comportement existe. Et en voulant tout simplement éteindre le comportement, en voulant une obéissance aveugle, le risque, c’est que le comportement problème se déplace sur un autre comportement problème parce que le problème de fond n’est toujours pas résolu, parce que l’émotion est toujours là, elle est toujours latente. Si vous, par exemple, vous êtes un enfant, vous vous faites mal, vous pleurez et que là, on vous punit parce que vous pleurez, la prochaine fois, est-ce que ça vous empêchera d’avoir mal dans les mêmes conditions si à nouveau vous tombez, vous vous égratignez le genou ? Non, bien sûr que non. Peut-être qu’en revanche, vous allez gérer la situation différemment. Peut-être que vous allez vous mettre en colère. Peut-être que vous allez être imbuvable pendant toute la journée ensuite. En tout cas, il risque d’y avoir d’autres conséquences, d’autres types de comportements qui vont apparaître et qui seront même peut-être encore plus difficiles à relier avec le déclencheur.

C’est là où je veux en venir. Nous, on ne veut pas tout simplement s’arrêter au comportement qui est problématique et vouloir tenter aveuglément de l’arrêter. Nous, on veut s’intéresser au pourquoi le comportement existe et ensuite y apporter une solution qui permette une résolution propice pour tout le monde, d’ailleurs, pas que pour l’animal, mais pour l’humain aussi, bien sûr. C’est valable dans les deux sens. Nous, on va être capables de faire cet effort-là, de faire l’effort de comprendre pourquoi est-ce que l’animal aimait ce comportement-là et donc de s’y adapter.

Le comportement, c’est un élément de communication et on ne veut pas l’éteindre parce que sinon, on aura forcément des conséquences à un moment donné. Les émotions, elles peuvent déclencher des comportements et vouloir éteindre les comportements, c’est être sourd et aveugle aux émotions qui sont ressenties par votre animal dans ces moments-là. Peut-être que le comportement n’a pas été déclenché par une émotion, peut-être que c’est autre chose. Mais en tout cas, il faut pouvoir essayer de chercher. Faites ce travail-là de détective. Posez-vous la question du pourquoi le comportement existe. Quand on vous conseille de mettre un collier étrangleur à votre chien pour faire en sorte que le comportement s’arrête, c’est parce qu’on n’adresse pas le problème de fond. Quand on vous demande de mettre votre chien dans une cage parce qu’il détruit sur vos absences, on fait en sorte que le comportement problématique s’arrête, mais est-ce qu’on règle réellement le problème ? La plupart du temps, ce qu’on observe, c’est que s’il y avait un problème lié à la séparation, un problème lié à la solitude, les comportements problématiques ne vont pas s’arrêter. Peut-être qu’il n’y aura plus de destruction, forcément, puisque l’animal est enfermé et donc les conditions environnementales ne le permettront plus. En revanche, ce qui risque de se passer, c’est qu’il y ait d’autres comportements problématiques qui apparaissent, parce qu’on n’a toujours pas réglé l’émotion qui était ressentie dès lors que votre animal était laissé seul à la maison. Et donc, ça risque de se manifester autrement. Moi, j’ai déjà vu des chiens qui certes étaient empêchés de tout détruire, mais qui faisaient toujours de la malpropreté, qui se faisaient dessus dans la cage, qui essayaient de mordre les barreaux, qui essayaient de sortir de la cage et voire de se blesser, de se faire mal en s’arrachant les dents, en se cassant des dents, en se tordant la mâchoire, en saignant, en essayant de gratter, en s’arrachant des griffes. J’ai déjà vu des choses vraiment extrêmement fortes apparaître ou des comportements qui vont être totalement différents et qui vont finir par apparaître comme des hurlements. Et du coup, ça va être quoi à la suite ? Ça va être « On va mettre son chien en cage avec un collier électrique, comme ça, il pourra ni détruire, ni hurler, ni aboyer. » Certes, mais qu’est-ce qu’on fait de son émotion quand on fait ça ? On la bafoue, on oublie l’individu qui est derrière les comportements à chaque fois qu’on fait ce genre de choses-là.

Posez-vous toujours la question du « Pourquoi est-ce que le comportement existe ? » Parce qu’à partir du moment où on se pose la question, vous allez forcément trouver le chemin jusqu’à la solution. Ce ne sera peut- être pas une ligne droite, ça, c’est clair et net. Parce que un individu est complexe et il est à prendre dans sa complexité intégrale. Donc, il peut y avoir plein de raisons pour un même comportement. Ce n’est jamais une ligne droite et c’est pour ça que d’ailleurs, faire appel à un professionnel dans ce genre de cas-là va vous aider, parce que lui, il va faire cette expertise-là. Il a l’expertise nécessaire pour vous aider à y voir plus clair sur la situation et donc y apporter une ou plusieurs solutions pérennes, un plan d’action qui sera adapté à votre situation et à votre chien.

Retenez surtout qu’un même symptôme n’a pas les mêmes raisons d’exister et qu’un comportement, c’est toujours, toujours de la communication. Votre animal ne fait pas ça pour vous embêter. Il le fait parce que soit c’est le produit de son expérience, soit c’est tout simplement des émotions ou autres qui apparaissent à ce moment-là et qui vont déclencher des réponses comportementales automatiques, puisque les émotions déclenchent aussi des réponses physiologiques et aussi comportementales. Il va y avoir des changements dans les comportements et c’est normal. Nous, on n’a pas envie de rentrer en conflit avec notre chien. On n’a pas envie de faire une escalade dans les stratégies punitives jusqu’à obtenir un arrêt des comportements indésirables parce qu’on oublie notre animal, en fait, au milieu de tout ça. On oublie son bien-être. Tout ce qu’on veut dans ce cas-là, c’est quoi ? C’est une obéissance aveugle ? On s’intéresse simplement à ce qui, nous, nous paraît acceptable comme comportement sans s’intéresser à l’animal, finalement, qu’il y a derrière.

Si c’était la même chose pour nous, si, par exemple, on émettait un comportement, par exemple, on a extrêmement faim, OK, donc on a une motivation pour aller jusqu’au frigo pour prendre quelque chose à manger. Mais disons qu’à ce moment-là, on est puni parce que ce n’est pas l’heure de manger. Ok, mais du coup, c’est quand l’heure de manger ? Et si finalement, on n’avait pas le droit de manger pendant deux jours pour une raison complètement arbitraire ? Du coup, on ferait tout ce qui est en notre pouvoir pour chercher quelque chose à manger, parce qu’on a faim. Et donc, on risque d’être puni encore et encore parce que disons que notre gardien à ce moment-là ne s’intéresse pas au pourquoi le comportement apparaît. Lui, tout ce qu’il veut, c’est qu’on obéisse pour une raison qui lui est propre, pour une raison qui lui est arbitraire pour nous. C’est arbitraire de notre point de vue. Et les éléments de comportement qu’on souhaite qui existent à nos côtés, dans notre milieu captif, pour nos animaux, de leur point de vue, c’est totalement arbitraire. C’est certainement pour leur bien-être aussi, bien sûr. Apprendre à son chien à bien se comporter en situation de ville, par exemple, c’est absolument nécessaire pour son bien-être aussi, pour avoir des outils, pour savoir comment se comporter dans certaines situations.

Mais si on ne s’intéresse pas, quand il y a des comportements problématiques qui arrivent, si on ne s’intéresse pas au pourquoi et qu’on veut simplement de l’obéissance pure et dure et aveugle aux éléments de comportement de notre animal, alors on risque de passer à côté de choses qui sont extrêmement fortes et extrêmement importantes pour lui. Et on risque aussi, surtout, de ne jamais résoudre la problématique. Tout simplement parce qu’on ne l’a jamais adressée en premier lieu, parce qu’on ne s’y est jamais intéressé ou peut-être parce qu’on s’est tout simplement trompé sur la raison pour laquelle ce comportement existait. Le comportement, il n’existe pas pour embêter. Il n’existe pas pour se venger. Il existe parce qu’il y a une raison qui est propre à votre individu. Et il y a des tonnes de raisons comme j’ai évoqué dans les exemples que j’ai cités plus tôt. Donc, si je devais résumer tout ce podcast-là, le comportement, c’est un élément de communication. Toujours, toujours, toujours. Donc, n’essayez pas d’éteindre les comportements quand vous vous en voyez. C’est difficile parce que ça demande de switch dans notre cerveau, de switch notre façon de vivre aussi les événements.

On vit dans une culture très punitive. Nous, on est nous, on nous a appris que quand c’était quelque chose, c’est comme ça et pas autrement. Oui, certes, bien sûr, mais nos animaux, ils n’ont pas la parole pour s’expliquer et pour qu’on les comprenne. Eux, ils n’ont que leurs comportements. Et donc, si on est sourd à leurs comportements, qu’est-ce qui leur reste pour se faire comprendre ? Rien. Donc, les comportements risquent de monter en intensité parce qu’ils sont toujours motivés par les mêmes raisons qu’on n’a toujours pas adressées. Finalement, on risque d’en arriver à de plus en plus de conflits avec notre animal. Et on ne veut pas, finalement, avoir un animal pour ça. Je pense que personne ici a envie de prendre un chien pour passer son temps à se battre contre lui, pour qu’il arrête d’aboyer. Personne n’a envie d’avoir un chien pour passer son temps à lui dire non, comme si son deuxième prénom, c’était finalement devenu « non ». C’est pareil si on a un chat, c’est pareil si on a un perroquet. Il faut adresser la problématique parce que sinon, on ne la résoudra jamais.

J’ai évoqué pour moi les points qui étaient absolument essentiels en rapport avec cette thématique-là. Posez-vous toujours la question quand un comportement existe, est-ce que là, vous êtes réellement en train d’adresser le problème de fond ? Et si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel qui est vraiment spécialiste du comportement et qui pourra vous aider à mettre le doigt sur les problématiques et à mettre un plan d’action qui soit adapté à votre situation et à votre animal. C’est vraiment le plus important. Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à vous inscrire à ma newsletter parce que j’envoie régulièrement des articles sourcés et basés sur les sciences qui permettent d’en savoir plus et c’est totalement gratuit.

J’espère que ce nouvel épisode vous a plu. Si vous avez des questions ou des remarques sur l’épisode du jour, n’hésitez pas à commenter. D’ailleurs, dans la section commentaires aussi, vous pouvez tout à fait suggérer un prochain sujet qui vous tient à cœur. Vous pouvez également rejoindre mon Instagram et Facebook pour plus d’informations, de tips et de ressources gratuites sous l’identifiant @animalethérapie. Vous avez un souci de comportement avec votre animal ou vous avez envie de vous faire accompagner de façon éthique et professionnelle ? Vous pouvez me contacter directement sur contact@animaletherapie.com et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.

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Marion Nicolas

Comportementaliste animale passionnée, je vous aide à établir un véritable connexion et installer une relation saine et sereine avec votre animal.

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