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Épisode 2 – Les étiquettes sur les races de chien sont-elles justes ?

6 Sep 2023 | Podcast | 0 commentaires

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Bonjour et bienvenue dans l’épisode 2 du podcast Animale Thérapie, le podcast du comportement animal.

Dans cet épisode, nous allons parler de dominance, de race, et de façon générale, des étiquettes et de leur façon de nous influencer.

 

Les étiquettes

 

Parce que ce n’est pas qu’une histoire de sémantique, nos mots ont aussi une influence sur notre pensée. Il y a énormément d’idées préconçues autour du comportement et les étiquettes qu’on utilise vont avoir de l’importance. Si par exemple, je définis telle ou telle race comme étant plutôt excitée, plutôt active, plutôt dominante ou plutôt têtue par exemple, je suis déjà en train de mettre des étiquettes sur un individu que je ne connais pas encore, et ça va potentiellement avoir des conséquences sur la façon dont je vais le gérer. Et ce point là, cet aspect, il est vraiment très important à prendre en compte parce que nos propres comportements vont nécessairement s’en trouver modifiés.

Donc déjà, j’aimerais faire un point sur la première étiquette qui est régulièrement utilisée encore aujourd’hui en France, c’est la notion de dominance. On va voir un chien qui a certains comportements et on va le définir comme étant dominant. Alors déjà, c’est quoi la dominance ? À quoi est ce que vous pensez spontanément quand je vous dis que tel ou tel chien est dominant ? Est ce que vous pensez à un chien agressif ? Est ce que vous pensez à un chien qui grimpe l’autre systématiquement ? Est ce que vous pensez à un chien qui va aboyer sur les autres, qui va, comme on dit souvent, recadrer les autres ou lui apprendre les codes canins ? À quoi pensez-vous exactement ? Quels sont les comportements qui découlent de cette étiquette ?

Et si je prends le temps de poser toutes ces questions là, c’est parce que le problème fondamental, au delà même du fait que maintenant la théorie de la dominance a largement été démonté depuis toutes ces années, et ce n’est d’ailleurs pas notre propos aujourd’hui. Mais le problème principal d’une étiquette, qu’on parle de dominance ou d’autre chose, c’est que ça ne définit pas le comportement de l’animal et que tous les humains ne vont pas avoir la même définition du même mot. Ce qui peut déjà, rien qu’avec cet aspect là, amener à énormément de mécompréhension.

Il y a plusieurs études qui parlent justement de la dominance et des mots, et surtout des comportements observables qui en découlent, qui vont être utilisés. Il a été observé plus d’une quarantaine de comportements différents rien que pour définir les comportements qu’on va appeler “liés la dominance” et la problématique, c’est qu’avec un même mot, tout le monde n’aura pas le même seuil de tolérance ni la même sensibilité aux comportements qui leur pose problème. On risque de passer à côté de ce qui nous pose réellement problème, de la cause de ces comportements et des solutions qui pourraient être mises en place pour les gérer. Parce qu’il faut bien comprendre que l’agressivité n’est pas intrinsèque à un individu. Un chiot n’est pas né agressif, il va potentiellement le devenir. Maintenant, l’idée c’est de comprendre ce qui a amené ce chien à avoir cette évolution-là. Et en analyse du comportement, ce qu’on dit, c’est que notre but va être d’observer et de noter les comportements observables et qui sont donc mesurables.

Le problème d’une étiquette, c’est qu’elle n’est pas observable. On ne peut pas observer la dominance, tout comme on peut pas observer la gentillesse en tant que tel parce que ce sont des concepts abstraits. On peut mettre un mot sur des choses qui vont être observées. On peut mettre par exemple des mots sur des éléments précis de langage corporel, mais on ne va pas pouvoir définir une étiquette qui englobe une idée, parce que c’est un peu ça finalement, ce qui se passe : en mettant ce mot, on n’est plus simplement en train de décrire une situation, on est déjà en train d’interpréter les comportements qu’on est en train d’observer. Et ça peut poser problème. On va définir un chien, par exemple, comme étant dominant et donc considérer que c’est un trait caractéristique de sa personnalité ou de son caractère et on ne va plus chercher à résoudre le comportement. Ce qui peut également justifier des stratégies agressives qui vont être utilisées contre l’individu puisque ce chien-là est dominant et que “moi je n’ai pas envie qu’il soit dominant, alors je vais m’en prendre à lui.”

Ça va justifier l’utilisation, par exemple, d’un collier étrangleur ou d’un collier électrique parce que c’est le chien lui-même qui pose problème. Et finalement, on ne s’intéresse pas au pourquoi de ces comportements-là, à la cause. Aujourd’hui, on ne s’intéresse pas à la cause qui elle, en revanche, pourrait nous amener à trouver des solutions pérennes et pourrait nous permettre de résoudre la problématique sans utiliser d’outils coercitifs et sans remettre la responsabilité ou plutôt le fardeau sur l’individu. Comme si c’était intrinsèquement sa faute si aujourd’hui il avait ces comportements.

Sauf qu’on le sait, les comportements, ce n’est pas aussi simple. Oui, bien sûr, c’est nous qui émettons les comportements qu’on fait. Évidemment que dans ce sens-là, nous sommes responsables de nos comportements et de nos actions. Mais ce n’est pas la seule variable. Les comportements découlent des apprentissages qu’on va faire dans un environnement donné et donc en ce sens, modifier ou gérer l’environnement, on va dire que c’est le premier pas pour éviter que les comportements apparaissent, s’entretiennent ou empirent avec le temps.

Je vous parle de ça parce que finalement, il y a des stratégies qui vont être basées sur les sciences, puisque l’analyse appliquée du comportement prend deux éléments de l’environnement : l’antécédent et la conséquence, pour expliquer pourquoi un comportement se produit. Donc par exemple, si je vois un interrupteur, ça, c’est mon antécédent, mon comportement, ça va être j’appuie sur cet interrupteur et la conséquence, ça va être que la lumière s’allume. Mon comportement a été modelé parce qu’il s’est passé quelque chose dans l’environnement juste après que j’ai émis l’action. Et donc en ce sens-là, mon comportement, bien sûr que c’est moi qui choisit de le faire à ce moment-là, parce que j’avais un intérêt ou tout simplement par curiosité ou autre, peu importe mes motivations. Mais ensuite, je vais choisir de répéter ce comportement parce qu’il y a une conséquence dans l’environnement qui m’était favorable. Là, en l’occurrence, la lumière s’est allumée. Donc, disons que j’ai envie que ce soit un élément de l’environnement qui se reproduise à l’avenir. Je sais que je vais pouvoir émettre un comportement qui va me permettre d’obtenir cette chose-là dans l’environnement et tous les comportements, y compris l’agressivité, y compris d’autres types de comportements, ont tous cet aspect environnemental. Si par exemple, on a un chien qui est agressif, ce chien va peut être aller aboyer sur les autres chiens. Et que va-t-il se passer à ce moment-là ? Est-ce que l’autre chien en face s’éloigne ? Est-ce que le chien en face finit par jouer avec lui ? Est-ce que le chien en face se calme ? En fait, quelle est la conséquence de ce comportement ? Parce qu’en fonction de ça, en faisant vraiment une analyse de ce qui se passe, on va se rendre compte que le chien n’est pas nécessairement dominant. Mais peut être qu’il agit tout simplement pour que son comportement aie une fonction dans l’environnement dans lequel il évolue. Donc si par exemple il est mal à l’aise vis-à-vis des autres chiens, alors on pourrait tout à fait imaginer que son but ce soit que quand il aboie,  les chiens en face arrêtent de s’agiter et donc lui retrouvent une certaine sérénité.

Est-ce que ça en fait de lui un chien dominant ? Certainement pas. En revanche, son comportement, lui, a eu une incidence et a été renforcé avec le temps. Et c’est toute la problématique en réalité des étiquettes, c’est qu’elles ne permettent pas de définir quelle est la fonction du comportement. On est déjà en train de mettre une interprétation sans permettre une résolution. Il n’y a aucune analyse derrière une étiquette. Une autre problématique également qui est directement liée, c’est que si les comportements ne sont pas définis par ce qui se passe exactement, c’est-à-dire qu’on se contente simplement de décrire la situation, alors le plan d’action risque de ne pas être adapté. Le risque le plus important, c’est de se tromper sur le pourquoi, sur la fonction du comportement et de laisser une situation compliquée s’installer et qui pourrait tout à fait mener à terme à une escalade et empirer avec le temps. On pourrait tout à fait imaginer que notre chien, par exemple, est très mal à l’aise vis-à-vis des autres chiens et que du coup il aboie sur les chiens.

Si on dit maintenant que c’est normal parce qu’il est dominant, que c’est comme ça et qu’on ne peut rien y faire, alors il y a peut être un risque d’escalade jusqu’à effectivement de l’agressivité si son comportement n’a plus la fonction attendue, n’a plus le résultat escompté. Peut être qu’il aurait voulu que ça s’arrête, mais disons qu’il y a trop de chiens en face qui sont tous excités que ça ne s’arrête pas. Alors il est tout à fait possible qu’à un moment donné il y ait une escalade et que petit à petit on se retrouve avec un chien qui arrive progressivement à de la réactivité avec agressivité en plus de ça. Nos comportements sont le fruit et le produit de nos expériences et des conséquences qui vont se produire dans l’environnement. Donc le problème de tout ça, c’est que s’arrêter à l’étiquette, c’est prendre le risque de mettre notre chien en danger ainsi que les autres animaux en face, de laisser aussi faire des expériences potentiellement négatives à notre animal, quelles qu’elles soient, qui pourraient entacher sa relation avec son environnement, avec les autres animaux ou avec l’humain.Peu importe quels sont les types d’expériences qu’il est en train de faire à ce moment-là.

De la même façon, par exemple, si je devais prendre une autre étiquette que j’entends beaucoup également : c’est un chien qui est têtu. Qu’est-ce que ça sous entend généralement un chien qui est têtu ? Ça veut potentiellement dire un chien qui n’écoute pas. Ok, donc ça veut dire que techniquement, il y a peut-être un défaut de motivation. Peut-être qu’il n’a pas bien appris, qu’il n’a pas bien compris les exercices de training qu’on a essayé de lui apprendre ? Peut-être qu’il ne les maîtrise pas. Ou peut-être qu’il y a d’autres choses en jeu, par exemple, comme des émotions très importantes. Peu importe la raison. Mais en tout cas, définir le chien comme étant têtu, ça sous entend qu’il est né comme ça et que ça fait partie de sa personnalité. Et encore une fois, ça justifie l’utilisation de la punition pour gérer ce chien. Parce que s’il est têtu par définition, alors le seul moyen de gérer un individu têtu va être de chercher à se faire comprendre de ce chien têtu.

On ne cherche pas à comprendre pourquoi est-ce qu’il agit comme ça, mais plutôt essayer d’imposer notre volonté à ce moment-là. Pourquoi est-ce qu’il n’écoute pas ? Pourquoi est-ce qu’il n’est pas motivé ? Pourquoi est-ce qu’il ne répond pas à nos demandes à ce moment-là ? Et la problématique, c’est que si on analyse la situation, la plupart du temps, on se rend compte que si le chien ne revenait pas au rappel par exemple, et bien c’est peut-être parce qu’il n’a pas été bien appris en amont. Ou peut-être que c’est parce qu’il est réactif et qu’à ce moment-là, il y avait trop de chiens autour de lui qu’il n’arrivait plus du tout à gérer. Ça peut être donc des émotions extrêmement fortes et les émotions prennent bien souvent, si ce n’est systématiquement, le pas sur la réflexion. Donc je vais essayer de m’apaiser, j’essaye d’écouter ce qui se passe dans l’environnement et à ce moment-là, ça ne marche plus parce qu’on est submergé d’émotions. Donc ça pourrait être ça, mais ça pourrait aussi être tout simplement parce qu’il n’était pas motivé.

En tout cas, il y a des tonnes de raisons. Et bien sûr que le protocole qu’on va mettre en place va être différent en fonction de la raison. Quel que soit notre protocole d’action, il va être différent. Parce que si c’est un défaut de motivation, alors il va falloir recréer de la motivation. On va voir que notre chien, qu’on pensait être têtu, va soudainement faire avec plaisir ce qu’on lui demande. Idem si c’était un défaut d’apprentissage, alors on va réapprendre les bases. Et là, on va observer à nouveau que notre chien n’était pas têtu, certainement pas, mais que c’était simplement une problématique d’apprentissage. Peut-être que ce n’était pas la bonne façon de lui apprendre cette chose-là, que ce n’était pas adapté à ce chien, à cet individu, puisque de toute façon, il n’y a pas de bonne façon d’apprendre pour tous les animaux, il n’y a pas de recette de cuisine prémâchée. Toutes les façons d’apprendre doivent systématiquement être adaptées à notre apprenant, quel que soit son historique de vie.

Et s’il y avait des émotions qui sont extrêmement fortes et que c’est pour ça qu’il ne répond pas à nos demandes, alors on pourrait tout à fait imaginer qu’il va falloir passer par de la désensibilisation, du contre conditionnement… En tout cas, quel que soit le protocole qu’on adopte à ce moment-là, du moment qu’il est adapté à notre chien, c’est OK. Et ce qu’on remarque, c’est que définir comme étant un chien têtu ne permet absolument pas d’aboutir à une solution qui soit pérenne et un protocole d’action qui soit adapté à cet individu.

D’ailleurs, pour la petite anecdote, et ça c’est vrai pour n’importe quel animal, le côté têtu, c’est-à-dire la persistance d’un comportement, on analyse la psyché du comportement, ça existe et ça se travaille aussi. On peut tout à fait travailler un comportement pour qu’il soit de plus en plus persistant dans son environnement, même si celui-ci n’a plus tout à fait la conséquence escomptée. Un exemple très simple : si j’ai super bien appris que appuyer sur le bouton de la télécommande, ça fait s’allumer la télé, le jour où il y a plus de piles qu’est-ce que je vais faire potentiellement ? Et bien, je vais appuyer sur le bouton. Une fois, deux fois, trois fois, peut-être plus. Peut-être même que je vais m’énerver sur la télécommande et donc appuyer plein de fois. Et donc on voit à ce moment-là que je vais commencer à émettre le comportement beaucoup plus souvent, alors que pourtant je n’ai plus la conséquence attendue. Et là, qu’est-ce qui se passe ? Par exemple, s’il y avait quelqu’un d’extérieur qui essaie d’analyser mon comportement, il pourrait se dire “mais elle est têtue celle-là, elle fait le comportement à répétition”. Eh bien, c’est exactement ce qui se passe, et ça se travaille. Il y a vraiment des lois comportementales qui expliquent comment est-ce qu’on peut travailler le côté têtu d’un comportement. Donc finalement, ce qu’on appelle plutôt la persistance de ce comportement dans l’environnement. Et on peut travailler en connaissant les tenants et les aboutissants. On peut le travailler pour pour favoriser ce “côté têtu” si je devais remettre cette étiquette-là. Mais on peut aussi la travailler sur des bons comportements qui sont utiles dans la vie, au quotidien avec nos animaux.

 

La génétique

 

Maintenant, il y a aussi un autre point que j’aurais aimé aborder, c’est que les étiquettes ne permettent pas de déterminer la personnalité d’un individu et souvent on l’énonce sans même forcément s’en rendre compte. Par exemple, c’est un amstaff, alors c’est normal, ce sont des chiens agressifs. Comme si tout les amstaff étaient forcément méchants, comme si c’était un trait caractéristique de la race. Mais on l’a aussi dans l’autre sens, bien sûr, pour les chiens dits gentils par exemple, parce que ce serait un labrador et que c’est un chien qui est bien pour les enfants. Et encore une fois, gentil, ça ne veut pas dire grand chose. En tout cas, ça ne détermine pas les comportements qui vont être émis par l’individu. On a juste une étiquette, on en a une idée vague préconçue et c’est tout. Et on n’a pas tous la même définition de ce que c’est qu’un chien gentil. On peut être également très surpris quand on va avoir un chien qui va commencer à émettre des comportements qui pourtant font partie soit de sa personnalité, soit de sa séquence comportementale génétique liée à sa race, etc…

Alors ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il y a un aspect génétique dans la sélection. L’aspect génétique, ça peut être la sélection, qu’elle soit volontaire ou pas, comme par exemple dans le cas des différentes races de chiens. On va sélectionner ce qu’on appelle des séquences comportementales, des critères physiques. Donc par exemple la taille, la couleur, certains aspects morphologiques. Est-ce que les oreilles sont tombantes ? Est-ce qu’on garde des oreilles hautes ? On va sélectionner des particularités physiques, bref, on va sélectionner tout ça. Mais il y a aussi des aspects génétiques au niveau du comportement qui vont être sélectionnés. Par exemple, on va sélectionner certaines séquences du comportement de prédation, et ça, c’est aussi un aspect génétique qui va être maintenu ou éteint en fonction de ce qu’on veut garder pour l’utilité initiale qu’avait cette race-là à la base.

Donc une séquence comportementale, elle se compose de plein de choses. En résumé, un chien qui s’oriente dans l’espace, qui sniffe, qui fixe, qui court après la proie en mouvement, puis qui l’attrape, qui la secoue, puis il y a la mise à mort, puis il y a la consommation : c’est une séquence de prédation classique et en fonction de nos besoins, il y a des races de chiens en fonction de l’utilité qui vont servir, qui vont être sélectionnées. On va décortiquer cette séquence comportementale et on va sélectionner uniquement les points de cette séquence qui nous intéressent. Prenons un exemple sur le border, de base l’humain utilise le border pour faire du troupeau. Donc dans la séquence de prédation, ce qu’on va faire, c’est qu’on va sélectionner le fait que le chien court après quelque chose en mouvement, qu’il le fixe, qu’il le regarde intensément, qu’il ne lâche pas du regard la chose qui est en mouvement. On va essayer autant que possible de sélectionner ces deux aspects. Et d’ailleurs c’est ce qu’on fait depuis des centaines d’années, de supprimer l’aspect consommation, l’aspect de mise à mort de cette séquence de prédation, puisque ce n’est absolument pas ce qui nous intéresse évidemment dans la conduite de troupeau.

Dans notre exemple, ça veut dire qu’on n’a pas sélectionné un chien plus intelligent ou un chien sportif. On a sélectionné des aspects de séquence comportementale qui sont intéressants dans le cadre de ce travail bien spécifique, on n’a pas sélectionné nécessairement des traits de caractère. Alors, bien sûr, ça peut être le cas. On peut avoir sélectionné certains de ces aspects, mais il faut retenir que c’est multifactoriel et que nous, ce qu’on sélectionne, ça va vraiment être plutôt ces aspects-là. Ce que j’aimerais vraiment que vous compreniez, c’est qu’on ne sélectionne pas l’intelligence d’un individu au sens où on l’entend généralement, parce que c’est ça, surtout. J’entends souvent les gens qui prennent des border, “ce sont des chiens extrêmement intelligents”. Oui, bien sûr, mais pas plus qu’un autre chien. Peut-être que ça va s’exprimer différemment, peut-être qu’ils vont être plus enclins à travailler et que du coup, comme ça nous plaît, comme ils répondent bien à nos commandes, on va considérer ça comme étant de l’intelligence. Mais finalement, un petit chihuahua à côté pourrait tout à fait être capable de faire des choses très intéressantes qui sont adaptées à ce que lui, il est physiquement et morphologiquement capable de faire. Et il serait tout aussi intelligent. C’est juste que ce n’est pas exactement les mêmes comportements. On dit souvent qu’il faut juger d’un individu en fonction de ses capacités physiques et que par exemple, si je devais reprendre une citation bien connue, si on juge un poisson sur sa capacité à courir, on risque d’être très déçu et de penser que ce poisson est très peu intelligent et très peu adapté. Alors que si, il va être très adapté et très intelligent dans son milieu et dans les conditions dans lesquelles il a évolué et qui lui ont permis de dévoiler tout son potentiel, ici c’est un peu la même chose en fait.

Il va aussi y avoir des aspects de sélection génétique sur la peur et l’anxiété. Alors c’est pas forcément fait volontairement puisque les aspects de sélection génétique, ça peut être volontaire comme pas du tout, mais en tout cas ça va avoir des conséquences puisque c’est aussi un peu plus compliqué parce que les aspects de sélection génétique peuvent être volontaires ou être acquis pendant la vie. C’est ce qu’on appelle l’épigénétique et ça va être transmis à la descendance.

Dans la vie d’un individu, il peut y avoir  des peurs extrêmement intenses, voire même des traumas, le reproducteur va ensuite transmettre ces aspects-là à sa descendance. Ça ne veut pas dire que tous les individus de sa descendance vont avoir plus peur ou être plus anxieux. Ça veut simplement dire qu’il y a plus de chances qu’à leur tour ils soient plus sensibles à ces problématiques. En tout cas, il faut bien comprendre que quand on fait une sélection, on ne prend pas un chien intelligent, on ne prend pas un chien gentil, on ne prend pas finalement toutes ces étiquettes qu’on risque de mettre : pour le labrador par exemple. C’est un chien gentil, un chien bien pour les enfants, ce qui risque finalement de créer des problématiques.

Si par exemple on voyait un gros amstaff et qu’on a peur que cet enfant finisse par se faire croquer s’il insiste trop, avec notre labrador, on risque d’être plus permissif alors que le risque est tout aussi réel. Et du coup, ça ne permet pas de protéger ni son chien, ni son enfant. Donc on voit bien que, en l’occurrence, les étiquettes peuvent être vraiment délétères dans la façon dont on va gérer un individu.

Et nos étiquettes peuvent aussi amener à des biais de confirmation. Par exemple, si je vois un chihuahua qui aboie parce qu’il a vu quelque chose qui lui fait peur. Disons que pour cette raison-là, on va penser que c’est un chihuahua, alors c’est normal pour ce type de chien d’aboyer. Alors peut-être que oui, peut-être qu’on va dire que généralement les chihuahua ont tendance à plus aboyer en terme de fréquence.

Maintenant, l’idée c’est de toujours chercher à comprendre pourquoi. Parce que la problématique c’est que par exemple, si c’est lié à un stress latent, le risque de laisser notre chien être exposé à ce stress latent sans vraiment qu’on s’en rende compte est vraiment important car on aura tendance à penser que les conséquences de ces comportements-là ne sont pas très graves pour nous humains. C’est à dire qu’un chihuahua qui aboie en soi, ça fait du bruit, mais c’est pas très impressionnant. Alors que si on a un malinois juste à côté qui fait exactement la même chose, notre premier réflexe, ça risque d’être de penser que “ouh là là, ça c’est un chien méchant”. Et peut-être qu’il le fait exactement pour les mêmes raisons. Pourtant, notre rapport à ce même comportement, qui est pourtant exactement le même, – il retrousse les babines, ils aboient les oreilles en arrière. Ça pourrait être exactement les mêmes éléments de langage corporel, ça pourrait être exactement le même comportement dans le même contexte. – et pourtant on risque de ne pas du tout interpréter de la même façon ce qui peut être délétère pour le chien et pour son bien-être, mais aussi dans notre façon d’appréhender le protocole d’action pour ce chien là.

On va peut être beaucoup moins s’intéresser au pourquoi le chihuahua émet ce comportement, là où pour le malinois, on risque d’agir parce qu’on n’a pas envie que ça escalade, on a pas envie qu’il y ait des conséquences, on a pas envie que notre chien devienne agressif parce qu’il y a un potentiel de morsure derrière et qu’il est important. Mais finalement on ne s’arrête qu’à cette donnée-là. Sans prendre en compte le fait que peut-être, si notre chihuahua aboie pour les mêmes raisons, peut-être que c’est parce qu’il y a un mal-être qui est latent qu’on pourrait également tout à fait gérer au même titre qu’on va gérer celui du plus gros chien qui est plus impressionnant. Alors ce que je dis là pour les chiens, c’est tout à fait vrai aussi pour les espèces d’oiseaux ou même pour les chats.

Par exemple pour les chats. J’entends régulièrement que c’est normal, c’est un chat, c’est indépendant, alors que pas du tout. En réalité, un chat est tout à fait capable d’apprendre. Il est soumis aux mêmes lois comportementales que n’importe quelle autre espèce animale. Il est tout à fait capable d’apprendre. Si en revanche on n’apprend pas, c’est peut-être encore une fois un défaut de motivation. C’est peut-être pour plein d’autres raisons. Ou peut-être tout simplement parce qu’on ne s’est jamais penché sur le sujet, puisqu’on considère d’office qu’un chat n’est pas un bon candidat pour l’apprentissage, quel qu’il soit. Alors que si, c’est juste qu’effectivement il va falloir adapter notre façon d’apprendre des choses à cet individu en fonction de ses motivations à lui. Pour les perroquets, j’entends également par exemple que les amazones peuvent être extrêmement agressifs. Les étiquettes, c’est pas forcément quelque chose de mauvais dans la mesure où ça permet de faire des raccourcis, d’aller plus vite dans le langage usuel, de nous orienter.

Mais quand on s’intéresse vraiment à un individu, précisément, ça ne permet pas de comprendre pourquoi il agit comme ça. Oui, peut-être que dans l’absolu, les amazones sont des oiseaux qui sont plus agressifs, peut-être que, en proportion, en fréquence d’apparition, il y a plus de comportements agressifs chez eux que chez d’autres espèces d’oiseaux dans des conditions similaires, donc dans des conditions captives, avec un humain, en contexte familial, en cage ou en volière. Maintenant, le but du jeu, c’est de comprendre pourquoi. Pourquoi est-ce que ce comportement apparaît ? Quels ont été les facteurs de risque ? Est-ce qu’il y a des facteurs qui se sont accumulés ? Qu’est-ce qui a amené cet oiseau à devenir agressif ? Et ce n’est qu’à cette condition qu’on pourra amener à une résolution pour cet individu. Effectivement, si on part du principe que tous les amazones sont agressifs, ça ne permet pas de résoudre la problématique. Quand on cherche à comprendre pourquoi un comportement existe, on essaie toujours de comparer à l’éthogramme de l’espèce. C’est ce qu’on peut observer dans la nature et voir si ça correspond à ce que nous on peut observer. Est-ce que notre individu tombe dans la moyenne, ou pas ? Et sinon, pourquoi est-ce qu’on va avoir plus de ces comportements dans un contexte captif ? Et dans ce cas là, ça veut dire que ce n’est pas un trait, un aspect lié à cette espèce, mais plutôt quelque chose qui fait que ça a été, on va dire, conditionné par l’environnement. Ce qui fait que, aujourd’hui, on va avoir un individu qui a fait énormément d’apprentissage et que c’est pour ça qu’aujourd’hui il en est là. On va vraiment essayer de s’intéresser à l’individu plutôt qu’à faire une généralisation sur une espèce, ce qui ne permet pas d’amener à une résolution et qui va servir plutôt, et c’est mon point numéro trois de prophétie auto réalisatrice. C’est-à-dire que si on considère que telle espèce d’oiseau est agressive, alors on risque d’agir en tant que tel. On va remettre la faute à nouveau sur l’individu.

On ne va pas du tout chercher à résoudre la problématique ou le pourquoi cet individu est agressif. On va immédiatement chercher à arrêter le comportement en agissant sur l’individu plutôt qu’en agissant sur les éléments qui font qu’aujourd’hui il est devenu agressif. Et donc cela va encore une fois justifier potentiellement de la punition des stratégies invasives coercitives sur l’individu qui ne permettront toujours pas d’atteindre un certain bien-être. Il faut vraiment se méfier des étiquettes, parce que si on prend par exemple un chien parce qu’on nous l’a décrit comme étant gentil, timide, calme et qui se révèle ne pas l’être, on risque de ne pas comprendre.

Alors pourquoi finalement ? Pourquoi il pourrait changer par rapport aux étiquettes qu’on a là, qu’on nous a décrit ? Potentiellement parce que déjà il va changer d’environnement, il va changer de contexte environnemental et on a vu à quel point l’environnement a de l’influence sur les comportements. Donc on pourrait, en changeant d’environnement, avoir des comportements qui apparaissent, qui sont totalement différents des comportements qui apparaissaient avant dans l’environnement dans lequel l’individu a été préalablement.

Est ce que ça veut dire que la personne nous a menti ? Non. Peut-être qu’elle nous a menti, mais potentiellement, elle nous a dit la vérité. La vérité qui était vraie dans le contexte dans lequel elle a pu observer l’animal. Maintenant, est-ce que c’est ça la problématique ou est-ce que ça peut être que cette définition est différente ? Qu’est-ce qu’elle va appeler calme ? Où se situe la barre ? Où se situe la limite entre un individu qui est calme et un individu qui ne l’est pas ? Parce que moi, personnellement, ma définition de calme, je suis certaine qu’elle va être différente de, par exemple, celle d’une personne retraitée qui cherche un chien calme, peut-être qu’elle cherche vraiment un chien qui ne bouge pas, qui a très peu de besoins, besoin de sortir, besoin d’activité. Peut-être qu’un chien senior pourrait correspondre parce que son besoin d’activité sera bas, beaucoup plus bas en tout cas qu’un chien très jeune et actif.

Et donc là, on voit bien toute la limite des étiquettes, à nouveau. C’est que la définition de chaque personne va être différente et du coup ça ne permet pas d’anticiper les comportements qui vont se produire dans notre environnement. On risque d’être surpris. Ça ne permet pas de déterminer la personnalité d’un individu non plus.

 

Les dangers

 

Maintenant, pourquoi c’est dangereux aussi ? Parce que dans la catégorie prophétie auto-réalisatrice, je vais prendre un exemple simple : disons, on a, pour reprendre l’exemple de tout à l’heure, un gros chien malinois ou berger allemand et un petit chien type chihuahua ou yorkshire. On va prendre un même comportement, par exemple courir pour aller sentir un enfant qui se balade à côté de ses parents dans la rue. Qu’est-ce qui va se passer si notre petit chien type York va courir pour sniffer cet enfant qui se balade tranquillement dans la rue ? Peut-être que tout le monde va vouloir lui faire un gros câlin. Peut-être que tout le monde va dire “ohlala, mais comme il est mignon.” Et finalement, tout le monde va se pencher et lui faire un câlin. Les parents, l’enfant. Et puis chacun va reprendre sa route. Les choses qui se sont produites seront positives. Donc notre petit York, lui, il n’aura fait que des expériences positives en rapport au comportement.

Maintenant, imaginons la même chose, le même comportement, mais pour un autre type de chien. Donc un chien type malinois, berger allemand, molosse. Je prends exprès ces chiens qui sont beaucoup plus imposants pour vraiment montrer, parce que ce sont des choses qui arrivent. Si effectivement on a un enfant qui est déjà plus bas en terme de taille, donc qu’au moment où le chien va s’approcher, il va déjà être très imposant pour l’enfant qui risque d’être impressionné et aussi pour ses parents. Et toujours avec cette petite crainte des parents en voyant le chien approcher “Et si ce chien mord mon enfant, qu’est-ce qui va se passer ?” Bien sûr, cette crainte, elle est totalement justifiée et légitime. Il y a aucun problème.

Mais en revanche, ce qui risque de se passer, c’est que potentiellement, et je l’ai déjà vu, les parents ou même l’enfant aient des réactions extrêmement fortes à ce même comportement. Donc à l’approche de ce chien qui vient simplement sniffer cet enfant, par exemple dans la rue, il se peut que l’enfant crie soudainement, peut être que les parents vont crier aussi, voire le repousser, voire lui donner des coups de pied. Je l’ai déjà vu. Et finalement, on va avoir un chien qui risque de commencer à développer de la méfiance. On va créer cette émotion, ce sentiment, parce qu’il a fait cette expérience dans cet environnement. On va créer de la méfiance, on va créer de la peur là où pour un même comportement, notre petit york, lui, n’aura eu que des expériences positives. Et vous voyez où je veux en venir ? C’est là que je parle de prophétie auto-réalisatrice.

Qu’est-ce qui a déterminé le changement dans l’environnement pour un même contexte, pour un même comportement émis par le chien ? C’est uniquement son type racial, donc c’est uniquement l’idée qu’on se faisait de ce qui peut potentiellement se passer sur la base de l’aspect physique de cet individu. Et donc ça, ça va conditionner aussi sa réponse et la méfiance que le chien va éprouver. Et elle sera totalement justifiée par rapport aux expériences qu’il a eu dans sa vie.

La dernière petite problématique qui existe aussi avec les étiquettes, c’est qu’on fait d’une race une généralité. Par exemple, il y a eu une étude qui prend des shih tzu et des caniches et qui a fait une évaluation de la fréquence d’apparition des aboiements pour chacune des deux races de chiens. Et en fait, ce qu’ils ont déterminé c’est qu’effectivement il y a des différences. Ils ont réalisé des courbes pour évaluer cette fréquence d’apparition pour un échantillon d’individus de chaque race et on va dire que dans la généralité, les caniches aboient plus que les Shih tzu, mais les courbes se chevauchent. Ce qui veut dire que parfois on va avoir des Shih tzu qui aboient plus que certains caniches qui se retrouvent, on va dire, sur la pente, base de la fréquence d’apparition du comportement “aboyer”.

Et donc là on est en train de mettre le doigt sur une autre problématique, c’est que : chaque individu est une étude de cas à part entière et que ce n’est pas parce que dans la généralité, cette race là aurait tendance à faire ces comportements, plus que la moyenne du reste de la race, que ça veut dire que cet individu-là va être digne représentant de cette race, ou des comportements qu’on est censé observer parce qu’il y a des disparités individuelles qu’il faut prendre en compte et qui sont super importantes.

Et donc vous, quand vous avez votre animal à la maison, vous ne pouvez faire que sur la base de votre individu à vous, qui sera représentatif de ce qu’il est, lui, pas de l’idée qu’on peut avoir ou qu’on peut se faire de cette espèce ou de cette race, non, là il faut vraiment se baser sur lui, sur mon individu, sur mon chien, mon chat, mon oiseau. Lui qu’est-ce qu’il a comme comportement ? Car ce ne sera peut-être pas vrai pour lui. Il aura son propre historique d’apprentissage, il aura sa propre personnalité, il aura sa propre génétique. Et en fait, à partir du moment où on comprend ça, on va vraiment pouvoir mettre en place des choses qui sont adaptées pour cet individu. Donc on ne va pas faire de généralités.

Ce qu’on risque de faire finalement avec les étiquettes, c’est ça, c’est de généraliser, on va essayer de s’en affranchir et ça c’est un premier pas vers la résolution des comportements qui peuvent potentiellement poser problème. Donc si finalement il y a quelque chose que je peux vous dire par rapport aux étiquettes, c’est que les étiquettes peuvent être intéressantes. Bien sûr, elles peuvent faciliter la compréhension. On peut discuter en rigolant sur certains aspects, mais il faut toujours les prendre pour ce qu’elles sont, c’est à dire une façon d’interpréter ce qu’on voit de notre point de vue et qui ne reflète pas nécessairement la réalité.

Mener une analyse du comportement demande d’abord de décrire l’observable plutôt que de dire “mon chien est dominant”, je pourrais dire quand un chien aboie, “mon chien fonce sur lui et lui aboie dessus”. Et la conséquence, c’est que le chien en face s’arrête, s’écrase, s’en va, peu importe la conséquence. Mais en tout cas, cette façon de décrire l’observable permet d’apporter une solution à la situation.

Changer notre façon de regarder les comportements, c’est vraiment la première chose à faire. L’interprétation ne vient qu’après. Elle se base sur des observations éthologiques et sur l’analyse du comportement et va permettre d’apporter une explication, mais aussi et surtout, des solutions. Et tout ça, ce sont les fondements d’une meilleure communication entre nous et nos animaux. Plus on essaiera de prendre du recul sur une situation et plus on va pouvoir permettre d’y apporter une solution pérenne. Plus vous allez vous intéresser à votre animal, à ses comportements, à ce que lui il fait, pourquoi il le fait.

Alors ce que j’aimerais le prochain coup, quand vous allez être face à ces situations, c’est que plutôt que d’essayer de décrire la situation en mettant une étiquette, j’aimerais que vous décriviez la situation en décortiquant exactement ce qui se passe, ce qui se passe avant, ce qui a déclenché le comportement, le comportement de l’animal. Qu’est-ce qu’il fait à ce moment-là et quelle est la conséquence immédiate de ce comportement ? Qu’est-ce qu’il se passe exactement ? Et j’aimerais que vous me tagguiez sur les réseaux en mettant le résumé de votre analyse.

Si vous avez des questions ou des remarques sur l’épisode du jour, n’hésitez pas à commenter. Pour les prochains épisodes, vous pouvez également suggérer un sujet qui vous tient à cœur.

Vous pouvez également rejoindre mon Instagram pour plus d’informations, de tips et de ressources gratuites : @animaletherapie, et sur Facebook. Vous avez un souci de comportement avec votre animal et vous avez envie de vous faire accompagner de façon éthique et professionnelle ? Vous pouvez me contacter directement sur contact@animalethérapie.com

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Marion Nicolas

Comportementaliste animale passionnée, je vous aide à établir un véritable connexion et installer une relation saine et sereine avec votre animal.

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