Menu

Épisode 4 – Qu’est-ce que l’anxiété de séparation ?

13 Sep 2023 | Podcast | 0 commentaires

anxiete de sepration animale thérapie 1 chien devant fenetre

Bonjour et bienvenue dans l’épisode 4 du podcast Animale Thérapie, le podcast du comportement animal. Dans cet épisode, nous allons parler de l’anxiété de séparation et de tout ce à quoi ça fait référence.

Mais avant tout, je dois vous dire que si vous avez un chien pour lequel vous pensez qu’il fait une forme d’anxiété de séparation, je vous recommande de vous tourner vers des ressources fiables sur le sujet avec des professionnels certifiés. J’ai d’ailleurs créé un e-book entier et illustré sur le sujet pour permettre de mieux comprendre cette problématique dans son ensemble. Si vous pensez avoir un toutou dans cette situation, je ne peux que vous recommander de télécharger cet e-book gratuitement.

Si vous êtes ici, c’est probablement que d’une façon ou d’une autre, vous pensez avoir un chien qui fait de l’anxiété de séparation. Alors, l’anxiété de séparation, c’est une étiquette. On en parlait encore il y a peu de temps dans l’épisode 2, c’est ce qui nous permet de décrire plus rapidement tous les chiens qui ont des problématiques liées à la solitude. Ces problématiques sont plutôt dans un spectre. Toutes les anxiétés de séparation, toutes les problématiques liées à la solitude ne se ressemblent pas. On peut très bien avoir un chien qui ne supporte pas d’être vraiment tout seul, mais à partir du moment où il y a n’importe quel autre humain, il n’y a aucun problème, du moment qu’il y a une personne qui l’accompagne. Et à côté de ça, on pourrait tout à fait avoir un chien qui éprouve de l’anxiété dès lors qu’il y a un humain particulier qui n’est pas avec lui. Et peu importe le nombre ou la qualité des autres personnes qui sont présentent et qui vont lui proposer des interactions, ça ne l’intéressera pas et il risque de faire les comportements qu’on peut observer en anxiété de séparation.

Alors qu’est ce qu’un chien qui fait de l’anxiété de séparation ? Ça peut prendre différentes formes, les symptômes – parce que c’est comme ça qu’on les appelle – vont être différents en fonction des chiens, de leur personnalité, ou encore de leur façon d’éprouver leurs émotions.

Parce que c’est de ça dont il s’agit ici. Dans le top trois, on a souvent les chiens qui hurlent ou qui aboient non-stop, ou parfois simplement au départ des humains pendant de longues minutes, puis ça s’arrête et ça revient. On a vraiment des formes de vocalisations parfois très intenses, parfois très prenantes pour le voisinage, on peut avoir de la destruction, avec des chiens qui détruisent absolument tout. J’ai vu des chiens en anxiété de séparation qui détruisaient jusqu’au mur, jusqu’au placo, qui faisait vraiment des trous dans le mur, qui arrachaient le parquet au sol, qui arrachaient tout, ça ne s’arrête pas. Dans la catégorie des destructions, on pourrait également tout à fait avoir un chien qui va déplacer des choses, qui va les prendre, les amener, les reprendre, les ramener, peut être un peu les dépiauter, mais finalement ça reste de la destruction “légères”. Pourtant, ça reste de la destruction.

Et dans le top trois, toujours, on va avoir les chiens qui sont malpropres, qui vont faire leurs besoins absolument partout et littéralment redécorer la maison, qui peuvent faire leurs besoins sur le canapé, sur les lits dans ces moments-là. Il peut y avoir un combo des trois, il peut y avoir que deux symptomatiques, il peut y en avoir même beaucoup plus avec d’autres symptomatiques encore, mais qui sont parfois moins problématiques pour l’humain, comme par exemple un chien qui va tout simplement courir et s’agiter partout dans la maison sans forcément faire de dégâts, sans forcément hurler, sans forcément être malpropre. On peut tout à fait aussi imaginer avoir un chien qui couine pendant toute l’absence. Si ça ne pose pas vraiment de soucis à l’humain, ça pose un réel souci de bien-être pour le chien.

L’anxiété de séparation est décrite comme étant une véritable peur panique de la solitude. C’est presque une phobie d’être seul, un trouble qui est lié à la solitude et qui est particulièrement représenté chez le chien dans nos modes de vie modernes. Parce que les chiens ne sont pas faits pour vivre seuls, il faut rappeler avant toute chose qu’un chien qui n’aime pas être seul, c’est normal avant même de l’envisager comme une pathologie ou autre. Dans nos modes de vie, ils sont soumis à cet apprentissage qui doit être acquis. Maintenant, le fait de développer une véritable peur panique avec tous les comportements symptomatiques qui peuvent en découler, là par contre, ça peut vraiment poser un problème de bien-être animal dans la mesure où votre chien va être exposé à un stress constant, voire chronique, et les comportements risquent de s’empirer avec le temps. Évidemment, le problème de bien-être ne se pose pas uniquement pour le chien, il est aussi pour nous en tant qu’humain.

J’ai un chien qui a été en anxiété de séparation pendant les deux premières années de sa vie, qui m’a littéralement refait la maison. J’ai dû changer de canapé, j’ai dû reboucher des trous dans le placo, il était très destructeur. Il ne faisait pas énormément de bruit, ne hurlait pas, mais par contre il s’agitait énormément. Il respirait très fort et il y avait un langage corporel qui faisait penser qu’il était en stress intense et il refaisait toute la décoration avec énormément de destruction. Et c’est d’ailleurs souvent comme ça qu’on s’en rend compte puisque bien sûr, quand on est pas dans la maison et qu’on n’a pas de caméra, on ne se rend pas forcément compte quand ce sont des toutes petites problématiques de l’ordre de grandeur du chien. Mais en revanche, quand ça commence à devenir des symptomatiques de comportements qui sont matériels et qui laissent une trace à notre retour, là on va pouvoir commencer à envisager le fait que *peut-être*, (parce que ce n’est pas toujours le cas), il peut y avoir une problématique d’anxiété de séparation, ou en tout cas une problématique liée à la solitude en elle-même.

L’anxiété de séparation dans nos modes de vie modernes est énormément représentée. Il y a beaucoup de chiens qui vont un jour ou l’autre dans leur vie exprimer une forme d’anxiété de séparation à un moment dans leur vie. Est-ce que ça va passer ? Est-ce qu’on va réussir à les préserver ou est-ce que ça ne va faire qu’empirer ? Est-ce que l’environnement va être favorable pour ces chiens à ce moment-là ? C’est l’histoire de chaque chien. Mais en tout cas, c’est aussi une des problématiques les mieux étudiées et dont la littérature est la plus fournie. Ce qu’il faut vraiment retenir avant tout, c’est que l’anxiété de séparation est vraiment une peur panique. C’est-à-dire que les comportements que le chien va avoir à ce moment-là ne sont pas volontaires. Il ne fait pas ça pour nous embêter ni pour se venger. Il est vraiment dans un état de panique et tous les comportements qui en découlent ne sont que le symptôme de cette peur panique.

On va aussi avoir des chiens par exemple qui vont chercher à s’échapper, donc on va avoir cette sensation que le chien ouvre toutes les portes, essaie d’ouvrir les fenêtres, apprend même à tourner les clés. Je l’ai déjà vu aussi. Nos chiens sont extrêmement forts pour essayer de trouver des solutions, face à ce à quoi ils sont confrontés dans leur vie. Et donc ça va nous obliger finalement à toujours trouver des solutions de plus en plus hautes pour maintenir le chien dans des conditions de sécurité relative, pour éviter qu’il s’échappe sur la route ou qu’il ne se fasse renverser. Et bien sûr, c’est quelque chose qui peut aussi apparaître quand le chien est laissé seul dans le jardin et que nous ne sommes pas là, le chien essaye de s’échapper, ça peut être aussi une des symptomatiques d’un problème de gestion de la solitude.

Alors, est-ce que l’anxiété de séparation est une fatalité à ce qu’on va devoir faire avec pour notre chien toute sa vie ? Bien sûr que non ! On peut tout à fait s’en sortir et retrouver un chien calme et apaisé. Mais par contre, ça va effectivement demander de faire des adaptations au quotidien. Étant donné qu’on a défini ce que c’était les troubles liés à la solitude. Donc on a bien compris que les comportements qui sont faits à ce moment-là par le chien ne sont que la manifestation de ce qu’il ressent. C’est une façon d’exprimer ses émotions, exactement comme si nous, on était en colère. Il y a des gens qui peuvent crier, il y a des gens qui peuvent tout casser, il y a des gens qui peuvent complètement s’éteindre, avoir une colère sourde. Il y a des gens qui peuvent aller courir pour se vider la tête. En fait, notre réponse à une émotion est différente en fonction de chacun et ça ne se maîtrise absolument pas. Donc il faut vraiment le prendre pour ce que c’est, c’est-à-dire un symptôme.

Et sachant ça, on ne va absolument pas s’intéresser à gérer les symptômes, on ne va pas s’intéresser par exemple à donner aux chiens plus de jouets, plus d’activités pour le dépenser, parce que finalement la problématique ce n’est pas un ennui encore une fois, mais c’est vraiment une peur de la solitude. Et donc ce à quoi on va s’intéresser, c’est régler cette problématique de peur de la solitude.

La première question qu’on pourrait se poser, c’est d’où ça vient finalement, l’anxiété de séparation ? Les études ne sont pas formelles à ce sujet. En fait, l’anxiété de séparation, c’est un problème qui est très complexe, dont la nature même dépend de facteurs génétiques, congénitaux, mais aussi épigénétiques, de développement et des expériences de l’individu. La personnalité peut aussi jouer un rôle majeur. Mais en tout cas, ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’on pourrait tout à fait avoir deux individus qui vivent exactement la même chose et qui pourtant ne vont pas du tout le percevoir de la même façon, de la même façon que deux enfants pourraient être présentés à la même araignée et n’auraient certainement pas la même réaction ni la même émotion ressentie face au vécu de cette rencontre. On pourrait tout à fait avoir un enfant qui est complètement paralysé, abasourdi, voire même traumatisé par cette rencontre et un enfant qui est extrêmement curieux pour la même araignée, dans les mêmes conditions et dans le même contexte de rencontre.

C’est exactement pareil pour nos chiens ! En fait, on va avoir des chiens qui vont être exposés à un moment donné dans leur vie à de la solitude et qui pourtant ne vont développer aucun problème par rapport à ça. Là où d’autres peut-être vont être plus sensibles. Peut-être qu’ils ont fait des expériences précoces qu’on ignore, ou que tout simplement leur perception et leur sensibilité, à ce niveau étaient autres. Peut-être qu’il y a d’autres choses également qui viennent en concomitance. Par exemple, il y a une énorme corrélation entre la sensibilité au bruit et l’anxiété de séparation. Donc on pourrait tout à fait imaginer que tout ça va entrer en compte. Pourquoi notre chien plutôt qu’un autre va développer de l’anxiété de séparation ?

En tout cas, il y a une chose dont vous pouvez être absolument certain, c’est qu’il y a beaucoup de facteurs et que non, vous n’êtes pas coupable. Et ce n’est pas vous qui avez trop gâté votre chien qui avait créé l’anxiété de séparation parce que vous avez pris une semaine de vacances pour son arrivée, pour lui permettre d’être complètement apaisé, parce qu’il dort dans la même chambre que vous, parce que vous lui faites un câlin quand vous partez : tout ça n’a absolument rien à voir avec l’anxiété de séparation.

Ce n’est pas parce que votre chien dort avec vous et ce n’est pas parce que vous lui faites un câlin pour lui dire au revoir que ça va déclencher une phobie de la solitude. C’est deux choses qui sont complètement différentes. Ça n’a pas de lien immédiat. Pourquoi est-ce qu’un individu va développer de la phobie ? Les études ne sont pas formelles à ce sujet mais une chose est sûre, c’est qu’on sait que ça dépend d’énormément de facteurs, dont des facteurs génétiques, congénitaux, épigénétiques, et dont on n’a pas forcément le contrôle puisqu’on ne peut pas savoir exactement quelle est la génétique d’un individu, et ce même si on a parfaitement une lignée traçable et qu’on a un chien qui sort d’un élevage, malgré ça, on peut avoir des disparités génétiques individuelles qui font qu’on va avoir un individu qui va être plus sensible. Pourquoi lui ? C’est comme ça ! Il faut faire avec. Lui non plus, en tout cas, il ne l’a pas choisi. Il doit vivre avec. Malgré tout ça, même s’il peut y avoir des facteurs de risques supplémentaires qui amènent un chien à y être plus sensible au cours de sa vie, il y a des choses qu’on peut mettre en place pour essayer de protéger son chien, pour essayer de s’en sortir ou pour essayer de le prévenir.

Et la toute première chose qu’on met en place, comme dans n’importe quelle thérapie, à partir du moment où on veut traiter une phobie, c’est protéger son animal. C’est vraiment la première chose à faire. Si vous avez votre animal qui est en panique vis à vis de la solitude, la première chose à faire, c’est de ne pas l’exposer à la solitude tant qu’il n’est pas prêt.

Tant qu’un protocole de travail n’a pas été mis en place, tant que ça n’a pas été désensibilisé de la bonne façon. Mais en tout cas, la première chose à faire, c’est vraiment de protéger votre animal pour lui permettre d’être apaisé et de ne surtout pas empirer la problématique. Puisque ce qui se passe avec les phobies, c’est que plus on est exposé à une situation qui nous semble incontrôlable, plus on est exposé à l’objet de nos craintes et de nos peurs et plus on risque d’en avoir peur. Ce n’est pas parce qu’on va être plus exposé de la mauvaise façon : donc c’est ce qu’on appelle être exposé en immersion, sans pouvoir échapper à la situation, que ça va s’améliorer tout seul… Bien au contraire ! Ce qui se passe généralement, c’est que plus on est exposé à quelque chose qui nous fait extrêmement peur au delà de ce qu’on est capable de supporter, et plus on va en avoir peur à l’avenir. Et donc on a ce phénomène là ou on a la sensation que ça empire malgré tout ce qu’on essaye de mettre en place.

Pour vous donner un exemple humain, si par exemple moi j’ai extrêmement peur des araignées, je suis complètement phobique. Je ne peux pas en voir une sans avoir des réactions, donc des symptomatiques comportementales, des réactions comportementales qui sont complètement automatiques, c’est à dire que je ne les maîtrise pas. Et donc par exemple, si on me jette une araignée sur la tête ou sur le bras ou n’importe quoi, qu’est ce qui va se passer ? Je vais avoir des réactions physiologiques immédiates, je vais avoir peut être les pupilles qui se dilatent, je vais commencer à respirer extrêmement fort, peut être que je vais crier, que je vais sauter sur moi même en hurlant. Bref, je vais avoir des comportements totalement démesurés par rapport à la situation mais qui pour moi ne le sont pas. Et mon corps, lui, va réagir automatiquement à cette situation. Je ne maîtrise plus mon corps et même si dans ces moments-là par exemple, on me dit “mais t’inquiète Marion, cette araignée elle est complètement inoffensive”, même si moi aussi j’essaye de me raisonner et de me dire “mais non, c’est bon, c’est qu’une petite araignée de toute façon, ce n’est pas la petite bête qui mange la grosse” malgré tout je risque de ne pas réussir tant que l’araignée sera présente dans mon environnement à cette intensité, c’est à dire aussi proche de moi, voir même sur moi, Je n’arriverais pas à m’apaiser parce que c’était trop d’un coup que je n’ai pas eu le temps de m’y faire, je n’ai pas eu le temps de changer ma perception de la situation. Et donc à ce moment-là, mon corps va répondre de façon automatique.

Et là on voit bien que les comportements qui en découlent sont totalement symptomatiques de l’émotion que j’ai ressenti à ce moment-là. Et c’est exactement la même chose pour nos chiens. Les comportements qu’ils vont avoir sont automatiques, si on parle bien d’anxiété de séparation, parce qu’on pourrait tout à fait imaginer un chien qui détruit plein de choses parce qu’il s’ennuie. La destruction en elle-même n’est pas suffisante pour savoir si un chien est en état d’anxiété, de séparation ou pas, il faut faire une évaluation appropriée. C’est ce qu’on fait d’ailleurs en bilan. On ne se maîtrise plus et quand on va du coup essayer de travailler, par exemple, si moi je vais voir un thérapeute, la première chose qu’il va me dire avant même de travailler de façon active avec mon animal ou avec moi, là en l’occurrence, ça va être de me protéger. « Marion, ne va plus dans dans des lieux hantés, dans des maisons hantées, dans des parcs d’attractions, ne va pas dans des vieilles bâtisses où tu sais que potentiellement il y a plein d’araignées. Si tu dois aller au grenier et bien tu fais aller quelqu’un d’autre de ta famille. » Voilà en gros les recommandations que je vais avoir pour essayer de me protéger. Et ce n’est pas que me protéger, c’est aussi baisser la somme de stress total que je vais pouvoir ressentir et essayer de m’apaiser et surtout : faire la place au protocole pour qu’il puisse faire effet. Parce que si j’essaie de mettre en place un protocole pour m’habituer, pour me désensibiliser, parce que c’est ça le terme, à l’objet de mes peurs, donc là en l’occurrence, ce serait l’araignée, mais qu’à côté de ça, je suis systématiquement ré exposé de façon trop intense à la chose qui me fait le plus peur, ce qui risque de se passer, c’est que je ne vais absolument pas progresser. Parce que d’une part je vais continuer à stresser, donc je n’aurais pas confiance. Je sais que potentiellement, dans n’importe quel coin de la maison, des araignées peuvent surgir soudainement, donc je vais être sur mes gardes. Ce qu’on va avoir potentiellement comme comportement à ce moment-là, c’est de l’hyper vigilance. Je vais être un petit peu sur le qui vive tout le temps. Dès qu’il va y avoir un petit bruit, tout de suite je vais être sur le qui vive, tout de suite je vais sursauter, je vais anticiper la potentielle problématique qui va arriver alors qu’il ne s’est rien passé. Donc ça crée vraiment un espèce de stress latent. Et d’autre part, je vais faire des hauts et des bas dans ma progression, c’est-à-dire que, un coup je vais me désensibiliser, je vais commencer à reprendre confiance parce qu’on va m’exposer à l’objet de mes peurs, mais de façon très douce, de façon contrôlée. Donc je vais commencer tout juste à prendre confiance. Et là paf, je suis exposé de façon trop forte à une araignée et du coup je vais reperdre la confiance qu’on est en train de gagner et ça va m’obliger à recommencer le protocole là où on en était. Donc en fait, se protéger, c’est la première étape et ça fait totalement partie du protocole, ce n’est pas dissociable.

Pour en revenir à nos chiens qui font de l’anxiété de séparation, notre but, ça va être de les protéger émotionnellement pour leur permettre d’apaiser le stress et pour permettre au protocole de faire effet. Donc quand je dis protéger ici, ça veut dire – si c’est bien de l’anxiété de séparation – que notre but va être de suspendre les absences qui sont intolérables pour ce chien. Donc par exemple, si vous avez un petit chiot, que dès que vous passez la porte d’entrée c’est extrêmement compliqué pour lui, alors ça peut valoir le coup de le faire garder par quelqu’un de votre famille, par les voisins, par un petsitter qui viendrait un petit peu avant votre départ et qui permettrait du coup que votre chien soit accompagné pour ne pas avoir à subir d’absence éviter d’empirer la problématique en attendant de potentiellement démarrer un protocole. Et même pour vous, parce que vous risquez de vous retrouver avec des dégâts matériels qui sont extrêmement importants, puis vous avec un ras le bol, avec une lassitude à un moment donné qui arrive, parce que vous n’en pouvez tout simplement plus de tous ces comportements qui sont absolument ingérables.

Je peux vous assurer que des fois, si on fait le total, ça peut valoir plus le coup de prendre un petsitter que de devoir payer tous les dégâts matériels que le chien peut faire. Ça vaut le coup. Déjà d’un point de vue purement matériel pour nous. Et puis bien sûr, ça n’a pas de prix de protéger son chien émotionnellement, ça lui permet de s’apaiser, de retrouver un état de bien-être relatif. On ne va donc pas se concentrer à gérer les symptômes. Votre chien aboie ? Lui mettre un collier anti aboiements est la pire des choses à faire puisqu’en fait on ne s’intéresse toujours pas au pourquoi il aboie. S’il aboie parce qu’il a peur, s’il aboie parce qu’il est vraiment dans un état de panique intense, peut être que du coup les aboiements vont s’arrêter. Et puis peut être que ça va se transformer en autre chose.

Parce que le stress, lui, sera toujours là et donc le comportement risque d’évoluer parce qu’il va chercher à s’exprimer, il va chercher à ressortir à un moment donné, d’une façon ou d’une autre. Donc vraiment, ce qu’on cherche à faire avant toute chose, c’est de protéger son chien autant que possible. Ce que je vous recommande également, c’est d’acheter une petite caméra tout simplement pour voir exactement ce qui se passe. Parce qu’en fait, l’évaluation de l’anxiété de séparation, elle ne peut se faire que dans notre absence. Donc ce n’est pas du tout un travail éducatif classique comme on peut voir chez n’importe quel éducateur où on ferait des exercices et puis du coup on rentre à la maison, le chien a acquis certaines petites choses qu’on va pouvoir appliquer. Là, pas du tout, puisqu’en fait la problématique se produit lors de nos absences. Et finalement c’est là que tout le travail va avoir lieu quand on va commencer à attaquer un protocole de désensibilisation.

Ce n’est pas du tout la même façon de faire que ce que l’on peut avoir l’habitude de travailler. C’est bien pour ça d’ailleurs qu’aujourd’hui il y a très peu de professionnels qui sont à même de pouvoir prendre en charge cette problématique parce qu’elle est souvent mal comprise. Et souvent les protocoles ne sont pas adaptés. Et surtout, même si on a un protocole qui est correct, le but c’est de toujours l’adapter au chien pour s’assurer que pour ce chien, on est bien sur le bon seuil émotionnel. Et comment est-ce qu’on fait pour savoir ça ? On a besoin justement de cette petite caméra pour voir, pour lire les signaux de notre chien, pour savoir comment les interpréter, pour savoir aussi quand s’arrêter. Et vu qu’on ne peut pas lui demander comment il se sent, ça veut dire que la seule mesure qui sera fiable et qui sera objective et aussi qui sera précise, c’est la lecture de son langage corporel. Mais encore une fois, si vous avez des doutes, – parce qu’une lecture pointue, ce n’est pas aussi simple et ça va souvent demander l’intervention d’un professionnel spécialisé – n’hésitez pas à me contacter pour qu’on prenne rendez vous et qu’on fasse un bilan de la situation et pour qu’on puisse s’assurer de travailler sur le bon seuil de tolérance et s’assurer de savoir si c’est effectivement une anxiété de séparation ou pas.

Je décris un peu plus en détail dans le petit guide, dans l’e-book dont je vous parle justement de l’anxiété de séparation : je décris une vingtaine de solutions justement pour suspendre les absences. Donc si vous n’avez pas d’idées, que vous êtes à court, que vous n’avez pas de famille dans le coin, que vous n’avez pas forcément de petsitter ou les ressources pour en avoir un, je vous recommande d’aller jeter un petit coup d’oeil dans cet ebook, parce qu’il y a des idées de solutions. Il y a certainement pas toutes les idées puisqu’après chacun fait comme il peut dans ses conditions, mais en tout cas, il y a énormément de ressources qui pourront vous être utiles pour pouvoir vous en sortir dans votre situation.

Encore une fois, il y a énormément de choses qui peuvent impacter une éventuelle anxiété de séparation. La problématique du stress, c’est qu’il ne vit pas juste dans une bulle. On n’a pas un chien qui est stressé dans l’anxiété de séparation et qui finalement, le reste du temps, une fois qu’on est là, tout va bien. Souvent il va y avoir des indices de ce stress latent parce que on travaille tous, donc il y a toujours un moment où potentiellement on va être absent. Et donc si notre chien est exposé 2 à 3 h par jour à la solitude, ça veut dire que chaque jour il va être exposé à sa pire phobie. Imaginez que vous avez le mal des transports ou que vous avez très très peur des araignées, ou que vous avez le vertige par exemple, et que chaque jour vous êtes confronté à une de ces situations qui vous met dans un état catastrophique. Qu’est-ce qui va se passer sur le long terme ?

La problématique, c’est que vous pourriez commencer à avoir ces symptômes qui vont ressortir même dans d’autres situations, parce que le chien est à bout. Donc ça va créer du stress chronique avec tout ce que ça peut faire intervenir. Parce que le stress chronique peut avoir plein de conséquences sur la qualité de vie de l’individu, sur sa santé, mais aussi sur d’autres contextes qui pourtant, de prime abord n’ont rien à voir. On pourrait très bien avoir un chien qui a de moins en moins envie de jouer avec les autres chiens ou a contrario qui est de plus en plus excité avec les autres chiens, voire même compulsifs, qui tolère de moins en moins bien l’excitation autour de lui parce qu’il en peut plus, il a besoin de souffler. On pourra avoir vraiment plein d’autres symptomatiques à côté, y compris des symptomatiques de santé qui vont commencer à apparaître avec des symptômes digestifs, un chien qui commence à avoir des diarrhées, on ne comprend pas pourquoi, on fait des examens, on n’arrive pas à trouver d’où vient la cause. Tout est imbriqué. Et d’ailleurs quand on fait un bilan, c’est ce qu’on fait : on essaie vraiment de faire un bilan le plus holistique possible en prenant en compte non pas uniquement les symptômes lors de l’absence, mais aussi tout le cadre de vie du chien au quotidien et tout ce qu’il peut y avoir à côté pour le prendre en charge de la meilleure façon qui soit, en étant sûr de ne rien oublier qui pourrait avoir son importance pour aider ce chien à s’en sortir totalement.

Maintenant, s’il y a une dernière chose que je peux vous dire, c’est vraiment déculpabilisez-vous vis à vis de la situation. Parce que la problématique c’est que souvent on est les doubles victimes de cette situation, voire même les triples victimes. Déjà, on se culpabilise soi-même, on s’en veut parce qu’on a mis du temps à comprendre, parce qu’on voit son chien être dans cette situation-là. Et puis nous aussi on peut être excédé, fatigué, on peut aussi ne pas répondre de la bonne façon et c’est normal parce qu’on nous aussi on est humain. Nous aussi on doit gérer nos émotions. Mais ne vous culpabilisez pas parce qu’une fois ou deux vous avez eu une mauvaise réaction, parce que vous n’en pouviez plus, parce que vous étiez à bout.

Maintenant que vous commencez à voir des solutions qui se dessinent devant vous, alors vous allez pouvoir mettre en place des choses là où vous étiez avant totalement impuissant par rapport à la situation. Ce qui amène aussi à de la colère et de la résignation. Vous allez pouvoir mettre en place des stratégies qui vont être plus efficaces et vous faire accompagner sur cette problématique. En plus, on est souvent aussi culpabilisé par les amis parce qu’on essaye d’écouter leurs conseils, on essaie de les mettre en place, on voit que ça ne marche pas. Si ça ne marche pas, c’est que c’est vous qui les avez mal appliqués. 

Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi est-ce que tout ce que vous faites ne fonctionne pas alors que vous essayez de faire exactement ce qu’on vous dit ? Vous allez être pointé du doigt et vos amis ou conseils de réseaux sociaux ne connaissent pas votre chien, ni ses besoins, ni votre contexte de vie, ni vous. Donc les conseils ne seront nécessairement pas appropriés à vous, à votre situation. Déculpabilisez. Vous avez le droit de dire non, vous avez le droit de prendre la parole pour votre chien. Vous avez le droit de vouloir le protéger, de vouloir vous protéger aussi. Et vous avez le droit de dire non si vous pensez que quelque chose ne conviendra tout simplement pas. Et si vous êtes en difficulté, ce n’est pas vous le responsable, même si vous êtes pointé du doigt. Son anxiété n’est pas de votre ressort. Vous faites déjà tout ce que vous pouvez pour essayer de la limiter, même si la pression sociale peut être forte, les difficultés de votre chien, qui seront peut être vues comme un échec et comme étant de votre faute, ne le seront pas.

Parce qu’on ne peut pas être responsable de ce que va percevoir un individu externe sur une situation. Vous n’êtes pas responsable du fait qu’il se sente aussi mal à l’aise quand il est seul. Donc oui, vous avez le droit de stresser, vous avez le droit de pleinement éprouver vos émotions. Vous avez le droit d’être en colère, vous avez le droit d’être dépité, vous avez le droit même d’être dos au mur, surtout quand les voisins vous menacent pour que les hurlements cessent. Donc je ne vais pas du tout vous culpabiliser encore une fois. Si nos chiens ont le droit d’exprimer leurs émotions, nous aussi. C’est valable dans les deux sens. Mais ce qui fonctionne pour pouvoir s’en sortir définitivement, c’est que vous aussi vous soyez outillé pour faire face à la situation. Et donc, plutôt que de vous culpabiliser, je préfère vous donner les armes pour comprendre ce qu’il se passe et pour entamer les premières stratégies à mettre en place pour souffler, pour retrouver un peu de sérénité à la maison. Maintenant, ce qu’on va faire, c’est qu’on va attaquer un protocole de désensibilisation.

Le but, c’est d’exposer le chien à l’absence et à la solitude de plus en plus longtemps et en suivant un certain protocole extrêmement précis qui est adapté à ce chien-là, dans ce contexte-là, avec tel déclencheur, etc. Et ça ne peut se faire que quand on connaît exactement son chien, son seuil de tolérance, ses déclencheurs, son environnement, ça ne peut pas se faire autrement. Donc encore une fois, si vous avez des conseils qui tombent à droite à gauche sans aucune évaluation préalable, c’est forcément faux. Vous risquez nécessairement de faire des erreurs. Vous risquez nécessairement de mettre votre chien en difficulté et finalement aussi de perdre du temps dans sa rémission.

J’espère que ce petit épisode sur “Qu’est ce que l’anxiété de séparation” vous aura donné les premières armes pour envisager peut-être la situation autrement que simplement la subir, être désespéré, que simplement être sans outils, sans armes face à tout ce qui se passe. J’espère que ça vous aura permis d’essayer d’y voir un peu plus clair sur la situation.

Et bien sûr, je vous recommande, si ce n’est pas déjà fait, de télécharger le guide de l’anxiété de séparation qui est entièrement gratuit et que vous retrouverez en description pour essayer d’y voir le plus clair possible et vous aider au maximum dans cette problématique.

Si vous avez des questions ou des remarques sur l’épisode du jour, n’hésitez pas à commenter. D’ailleurs, dans la section commentaires, vous pouvez tout à fait suggérer un prochain sujet qui vous tient à cœur. Vous pouvez également rejoindre mon Instagram pour plus d’informations de type et de ressources gratuites sous l’identifiant @animalethérapie ou sur Facebook. Vous avez un souci de comportement avec votre animal ou vous avez envie de vous faire accompagner de façon éthique et professionnelle ? Vous pouvez me contacter directement sur contact@animalethérapie.com et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode.

Le guide complet sur
l’Anxiété de Séparation

Votre chien… Détruit tout ? Hurle et aboie sans cesse ? Fait ses besoins partout ?
Vous avez essayé tous les conseils qu’on a pu vous donner… Mais rien n’a jamais fonctionné ?

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

marion nicolas consultante en comportement animal animale thérapie copie

Marion Nicolas

Comportementaliste animale passionnée, je vous aide à établir un véritable connexion et installer une relation saine et sereine avec votre animal.

Tout ce qu'on ne dit pas en public est dans la Newsletter !

Conseils, astuces, infos exclusives, formations en avant-première, ainsi que nos réflexions et une bonne dose d'humour et de transparence.

Rejoins nous !

email newsletter enveloppe
Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.